DAL-Gymnase-Roquepine-Occupation

Paris, 8e arrondissement, à deux rues du Palais de l’Elysée, 150 familles occupent le gymnase de la rue Roquépine. C’est avec l’aide de l’association DAL, qu’elles ont décidé depuis le 31 janvier, d’emménager dans ce bâtiment de la Mairie de Paris.

Leurs points communs : elles sont sans logis et reconnues prioritaires DALO. Un dispositif né en 2007 pour les personnes ayant attendu en vain un logement social pendant un délai anormalement long, qui leur permettrait d’être relogé en urgence. Mais faute de logements sociaux disponibles, elles naviguent entre les différents centres d’accueil du 115.

C’est dans ce contexte qu’elles ont décidé, par leur action d’occupation, de mettre la pression aux pouvoirs publics.

« Occuper un lieu c’est illégal, mais c’est une forme de désobéissance citoyenne qu’on assume » explique Fanny  bénévole depuis 30 ans au DAL. Assise sur un petit banc devant l’entrée du gymnase elle gère entre autres choses, les entrées sorties.

DAL-Gymnase-Roquepine-Occupation

Trois bénévoles du DAL, Leila, Malika et Fanny devant le gymnase de Roquepine (Paris 8e) occupé par 150 familles mal-logées

« La désobéissance nous paraît légitime quand il y a un dysfonctionnement du système, et c’est le cas aujourd’hui » continu Fanny.

Malika, autre bénévole, de rajouter : « Nos actions d’occupation sont pacifiques, elles se déroulent toujours dans un cadre juridique, on interpelle pour rappeler la loi. Notamment celle de 1945 pour la réquisition de logements vides de l’Etat. »

La semaine dernière une délégation à été reçue à la préfecture de Paris mais l’entrevue n’a pas débloqué la situation.  « Pour le moment la mairie nous a demandé de partir mais elle n’a pas osé nous mettre dehors » conclu Fanny.

En attendant les futures négociations prévues la semaine prochaine avec la mairie de Paris,  les occupants ont prévu un « raffut » dans la rue du gymnase pour intensifier leur action et alerter l’opinion publique. Alors que le DAL tente d’interpeller Emmanuel Macron sur ses promesses de campagne, soit zéro SDF pendant son mandat, 3 millions de logements et des millions de m2 de locaux et bureaux sont vacants en France.